« J’entends un gros crac »
Sept vertèbres fracturées à six semaines post-partum, deux hospitalisations, un mois de rééducation.
J’ai donné naissance à mon fils Matéo en janvier 2026. Un bébé en pleine santé, plus de 3,7 kg d’amour ! Suivront 6 semaines d'allaitement, une connexion forte et intense avec mon fils. Seulement mon dos est verrouillé et douloureux, depuis mon 8e mois de grossesse, je boite… je prends sur moi… mon généraliste me dit que ce n’est qu’un lumbago. On me prescrit des séances de kiné.
Un soir, 6 semaines après mon accouchement, en couchant mon bébé dans son cododo j’entends un gros “crac” qui me fait tomber de douleurs au sol… des décharges électriques me tordent de douleurs, je passe la nuit en espérant que cela passe avec un antidouleur…
Le lendemain matin, impossible de me lever, de me verticaliser, pas le choix direction les urgences raide comme une planche. Le médecin vient me voir le visage grave et m’annonce que j’ai 4 vertèbres fracturées de la L1 à la L4… Je dois aller d’urgence en unité rhumatologie à l'hôpital Saint-Antoine… la douleur est canalisée par de grosses doses de morphine… on me fait passer une batterie d’examens, scanner, IRM, ostéodensitométrie, recueil de sang, d’urine… quand mon mari lui seul est avec mon bébé à la maison désemparé.
Je rentre chez moi après 8 jours à l'hôpital douloureuse mais soulagée de reprendre mon rôle de mère, seulement tout a changé, je ne peux plus me déplacer sans mes béquilles, je n’ai plus d’équilibre, chaque micro geste est mesuré… j’appréhende de me coucher car je suis trop douloureuse… je suis une charge pour mon mari qui doit s’occuper de moi et du bébé. La famille n’est pas présente pour nous. Seuls des amis comprennent la gravité de la situation.
Au bout d’1 semaine je récidive en pleine rue, je sens des décharges électriques me saisir, impossible de bouger. Je suis tétanisée. Je consulte à nouveau les urgences, on me diagnostique 3 nouvelles fractures soit 7 au total (T11 à L5) ! Je passe à nouveau 8 jours en rhumatologie, comme un parfum de déjà vu… Mon mari repart de l'hôpital à chaque visite les larmes aux yeux…
Je ne peux pas rentrer chez moi, j’appréhende trop, la douleur, les mauvais gestes, d'être une “charge” pour mon conjoint… Je demande à être placée en établissement SSR pour faire de la rééducation renforcée en kiné. Bingo ! on a trouvé une place à moins de 30 min de chez moi, à l'hôpital AP-HP Rothschild.
J’y resterai 4 semaines où je gagnerai confiance en moi pour (re)marcher chaque jour, dans leur jardin, faire 5 h de kiné par semaine, et travailler la motricité, l’autonomie. Je rentre chez moi le 15 mai 2026 soulagée de quitter les blouses blanches pour mon foyer qui m’a tant manqué. Suivront 2,5 mois de kiné et balnéo renforcés qui me feront beaucoup de bien.
En cette rentrée 2026, j’ai beaucoup gagné en mobilité, souplesse, j’ai perdu néanmoins 5 cm et ne peux plus porter de charge c’est-à-dire mon bébé… Mais je suis vivante et plus déterminée que jamais à faire (re)connaitre cette pathologie inconnue et pourtant si douloureuse dans une période de grande vulnérabilité qu’est le post-partum pour une maman mais aussi un couple. Mon mari a été incroyable de patience, d'empathie, d’humanité. Je lui serai à jamais reconnaissante face aux épreuves endurées.
"
Témoignage